mar 14 2012

Cloclo – ****

La grande mode du biopic n’est pas prête de s’éteindre. Juste après celui consacré à Margaret Thatcher, juste avant celui dédié à Marilyn, et sans évoquer ceux de 2013 qui exhumerons Yves Montand et Dalida, c’est à une des plus grandes icônes qu’ai connu la variété contemporaine auquel s’attaque avec grand succès durant 2h28 le réalisateur venu du thriller Florent Emilio Siri.

Le temps défile à une allure, aussi rapide que celle qui a rythmé la folle vie de ce français arrivé d’Egypte à l’aube de ses 20 ans. Désobéissant à son père dont le rêve était d’en faire un banquier. Nous suivons tout, de l’intégration de l’orchestre de Radio Monté Carlo à son dernier succès, sa carrière exceptionnelle est évoquée d’images juxtaposées à bon escient sur ses tubes,  ses nombreuses fêlures, son caractère perfectionniste pour certains, insupportable et capricieux pour d’autres.

Ses fils appelés par la production, ont participé au scénario. Ils valident et cautionnent un film mettant tout autant en avant le destin et l’homme exceptionnel, que ses travers trahissant ses proches, et multipliant les conquêtes d’une nuit.

Si sa musique reste aujourd’hui intemporelle, quelques notes de musiques suffisent encore aujourd’hui à rassembler un public de tous âges sur les pistes de danse. Le film permettra à ses fans de la grande époque de replonger à merveille dans ces années d’insouciance où tout était de l’ordre du possible. Cloclo permettra surtout aux autres de découvrir le personnage, le créateur démesuré, et obstiné qu’était Claude François, et ce bien avant que les maisons de disque ne se mettent à appliquer ses recettes, pour fabriquer d’autres artistes à foison.


mar 14 2012

La Dame en noir – ***

Et voilà que Daniel Radcliffe entre dans la vie des grands. Fini la sorcellerie de jeune homme, le voici dans un genre plutôt voisin : l’épouvante de papis L’honneur en revient à la Hammer. La fameuse fabrique de films d’horreur des années 30 qui reprend du service avec l’adaptation de ce roman britannique à grand succès.

Radcliffe est un jeune notaire londonien du début du XXème siècle au dossier lourdement chargé : Endetté et seul avec son fils après le décès en couche de son épouse. Sa nouvelle mission le conduit dans un village paumé pour la succession d’une maison échouée sur les marais. Très vite, il constate qu’il ne peut compter sur personne pour régler ce dossier, et pire qu’une malédiction semble s’abattre, et décimer les enfants du village uns à uns.

Tous les codes de l’épouvante sont de retours. Alors si le manoir hanté fait penser à celui d’un célèbre parc d’attraction aux grandes oreilles, pour le reste, fantômes, musique à soubresauts, effets visuels et rebondissements sont au rendez-vous. Heureusement entre deux scènes de manoir où le jeune notaire mène l’enquête, d’autres nous permettent de respirer.

Le film ne réinvente donc rien. A peine les têtes pivotantes à 360 degrés sont évitées, mais pour le reste La Dame en noir est bon divertissement de samedi soir, histoire de s’offrir quelques émotions pour la semaine qui se termine.


mar 14 2012

Terraferma – ***

Au large des côtes africaines, sous un soleil de plomb, quelques familles vivent de la pèche sur les îles voisines à Lampedusa. La crise n’épargnant pas l’archipel italien, le déversement par abondance de touristes estivaux permet à Filippo, et sa mère, de se gagner quelques revenus complémentaires en louant leur maison.

Mais la proximité géographique des îles de l’archipel des Pelages emmène également son lot de clandestins en provenance de Tunisie, ou de Libye. Ils arrivent par dizaines, mourants, sur des radeaux flottants de fortunes.

Par un matin de pèche, Filippo et son grand père recueillent les survivants d’un de ces voyages hypothétiques vers des terres de libertés. Ils parviennent à dissimuler aux autorités une mère africaine et son fils. Ils les cachent chez eux. Les ennuis commencent pour la famille…

Le réalisateur Emanuele Crialese déjà remarqué de Respiro et de Golden d’Or vient d’obtenir le grand prix du jury pour ce Terraferma à la toute dernière biennale de Venise. Un prix très largement mérité pour un film non seulement doté d’images splendides, et plus que tout, véhiculant un message profondément humaniste.