nov 30 2011

Le Chat Potté ****

Son entrée en scène avait été réussie et remarquée dans le second épisode des aventures de Shrek. Peu à peu il a pris de l’importance au point que ce chat botté, devenu un temps chat potelé s’est installé en guest de la saga. Au moment où les studios Dreamworks décident de mettre fin aux aventures de l’ogre vert, il devient possible de nous compter celles du chat espiègle et aventurier inspiré par le conte de Perrault. Et c’est réussi pour une première, tous les ingrédients sont au rendez-vous. Le Chat Potté est un divertissement pur, plein d’humour qui ravira petits et grands. Le film place le studio Dreamworks comme l’un des maîtres de l’animation.

Oublions un instant le regard de velours de notre héros. Celui même qui lui permettait de faire chavirer les cœurs les plus endurcis. Le Chat Potté est d’abord un dangereux criminel sachant manier l’épée comme personne, et recherché de toutes parts. L’action nous transporte en Espagne, en amont des épisodes de Shrek. L’opportunité de sa vie se présente à lui : mettre enfin la main sur des haricots magiques, et sur la poule aux œufs d’or. Et l’on découvre alors un flamboyant flibustier partant à la recherche de son trésor, qui n’a rien à envier à Jack Sparow. Il n’a peur de rien, et encore moins de la gente féminine… Ce félin-lover ne tarde pas à croiser le chemin de Kitty pattes de velours, elle aussi embarquée dans ce conte rocambolesque.

Et dès son apparition sur grand écran Antonio Banderas lui prête sa voix grave. A ses côtés, Salma Hayek donne vie à la nouvelle venue. Le duo n’a pas été choisi par hasard par le studio. Les deux comédiens se connaissent bien pour avoir tourné à de nombreuses reprises ensemble, souvent derrière la caméra de Robert Rodriguez pour la saga du Mariachi, et dans Spy Kid. D’ailleurs tous deux ont souhaités se retrouver lors du doublage du film, ce qui devient rare par ces temps où chaque acteur enregistre sa séquence en solo, charge au technicien de rassembler tous les éléments. Ils se sont alors permis l’inattendu, de partir en vrille en improvisant quelques dialogues que le réalisateur, Chris Miller, a au final conservé dans le film.

Alors autant Banderas n’est pas un petit nouveau dans le genre, autant cette expérience a été une grande première pour la comédienne mexicaine. La motivation de participer au doublage d’un film d’animation est comme souvent dans ce genre d’occasions, l’envie que sa propre fille, Valentina, âgée de 4 ans découvre sur grand écran le travail de sa mère. Mais saura-t-elle reconnaitre le timbre de voix de celle-ci en cette rivale du chat potté ? Tant qu’elle ne donne pas sa langue au chat !


nov 23 2011

Time Out ****

En ces temps d’incertitude économique, souhaitons que la société n’évolue pas comme Andrew Niccol l’imagine dans son Time Out. L’auteur déjà très remarqué de Bienvenue à Gattaqua et du Truman Show nous livre un futur où la nouvelle valeur monétaire est le temps. Chacun bénéficie à ses 25 ans d’un capital temps d’une année restant à vivre. A tous d’en gagner, ou d’en perdre, pour prolonger sa durée d’existence. Gare à ceux qui n’ont plus de temps à eux, la sanction est immédiate et la faucheuse les emporte. Bénéfice de ce progrès technologique, puisqu’il y en a un, tout le monde garde sa physionomie de ses 25 ans, et personne ne vieilli.

Le scénario fait froid dans le dos. Will interprété par un Justin Timberlake qui a le vent en poupe depuis son apparition dans The Social Network, joue avec ce temps. Toujours limite, à quelques 24 heures de durée de vie restante, il n’a pas le droit de s’arrêter de faire tourner les usines de la ville pour gagner du capital temps lui permettant d’être toujours là. Jusqu’au moment où il rencontre un millionnaire qui va lui céder du temps, et bien plus, la vérité sur ce monde dans lequel ils vivent. Bientôt aidé par la fille d’un des boursicoteurs du marché, ils vont enfiler un costume de Bonny & Clyde moderne pour braquer les banques de temps, et les redistribuer. Gare aux gardes-temps qui trainent dans les parages, interprété par un Cillian Murphy glaçant.

Niccol nous entraine dans une histoire ingénieuse, rythmée, et à mi-chemin entre les cultes Âge de cristal et Matrix.


nov 23 2011

Le casse de Central Park ****

A l’angle de Central Park, The Tower, est une luxueuse tour où les employés sont totalement dévoués à leurs résidents. Un homme, Josh, incarné par Ben Stiller est leur chef, et se charge à ce que la partition musicale se déroule sans surprise. Mais lorsque l’un des principaux habitants se voit interpellé, et se révèle être l’un des pires escrocs boursiers qu’ai connu l’Amérique, Josh se rend compte qu’il a ruiné l’avenir de ses collègues en confiant la gestion des cotisations de retraite des employés de la tour à ce dernier. La révolte se prépare. Persuadés que le boursicoteur a planqué quelques milliers de dollars en liquide dans son appartement, ils décident de s’en emparer et s’aident d’un véritable voyou en la personne de Slide (Eddie Murphy).

Au final un scénario plutôt habile pour cette comédie d’action entourée d’un casting conséquent dont le mérite est de ressusciter plus d’un comédien. On pensait Eddie Murphy ringardisé, Matthew Broderick placardisé, Téa Léoni oubliée. Il fallait bien un Ben Stiller qui reste tendance, aux côtés du jeune Casey Affleck pour les rassembler dans cette aventure mis en image par un Brett Ratner à qui le genre réussi depuis la sage Rush Hour. Loin d’être les bras cassés qu’ils paraissent, tous s’organisent pour tenter de récupérer leur bien à ce Madoff de cinéma. Et preuve qu’Hollywood sait surfer sur l’air du temps, la crise financière est désormais prétexte à nous transporter entre rires, et frissons d’action !


nov 16 2011

L’Ordre et la Morale ***

Mathieu Kassovitz s’essaie au sujet historique pour son septième film avec L’ordre et la Morale. Revenant d’Hollywood, cela fait plus de dix ans qu’il travaille sur ce projet retraçant les évènements d’Ouvéa de 1988. Luttant pour leur indépendance, et à l’appel du FNKS, des militants décident d’occuper pacifiquement sur tout l’archipel des gendarmeries. A Ouvéa, l’opération tourne rapidement au drame : des gendarmes sont assassinés, d’autres pris en otage. L’affaire tombe très mal dans le calendrier politique, nous sommes entre les deux tours de l’élection présidentielle. Le gouvernement veut aller vite et fort.

Kassovitz frappe lui aussi très fort en s’attaquant à l’histoire coloniale contemporaine de notre pays, et surtout à un drame dont les plaies sont encore vives en Nouvelle-Calédonie. Il lui aura fallu plus de dix ans pour arriver à l’aboutissement du film, et imposer son parti-pris : suivre pour fil de l’histoire le négociateur de l’époque, le Capitaine Philippe Legorgus du GIGN.

L’Ordre et la Morale nous immisce au cœur de l’évènement, nous permet de comprendre que la politique l’a emporté sur la négociation pour des questions électoralistes, et nous entraine également au cœur de l’assaut donné par les militaires français pour libérer les otages. Un film vérité sans doute nécessaire pour se laver de nos nombreuses erreurs alors que la Nouvelle Calédonie s’apprête à pouvoir voler de ses propres ailes dans les toutes prochaines années.